La « chasse au terroriste » est ouverte en Turquie

Depuis l’attentat de la nuit du Nouvel An au Reina, une discothèque prisée d’Istanbul, c’est l’une des plus grandes chasses à l’homme de l’histoire moderne du pays qui a été lancée, avec la mobilisation non seulement des forces de police, mais également des services de renseignement et d’unités militaires.

Plusieurs clichés du tireur – qui est parvenu à abattre 39 personnes avant de prendre la fuite – ont d’ailleurs d’ores et déjà été diffusés, laissant apparaître un homme jeune, que de plus en plus de personnes proches du dossier pensent être originaire du Kirghizstan ou d’Ouzbékistan. Selon le quotidien Hürriyet, les enquêteurs connaîtraient même l’identité précise de l’assaillant, qui aurait combattu en Syrie pour défendre l’Etat Islamique – le groupe terroriste qui a revendiqué l’attaque contre le Reina.

Ainsi, une quinzaine de personnes, soupçonnées d’avoir été mêlées de près ou de loin à l’attentat, se trouvent encore en garde-à-vue, dont la femme du tireur présumé – ce dernier apparaissant également, souriant, dans une vidéo de surveillance de la place Taksim, l’une des plus fréquentées d’Istanbul. Nul doute que si l’homme en question est bien le terroriste, le fait qu’il soit parvenu à s’enfuir plutôt que de mourir en martyr constitue en lui-même une menace imminente de seconde attaque. Les autorités turques ne s’y trompent pas, en maintenant l’alerte attentat au niveau le plus élevé.

Par ailleurs, nous commençons enfin à mieux cerner les conditions dans lesquelles l’attaque du Nouvel An a été perpétrée. L’assaut a début à 1h15, heure locale, lorsqu’un seul homme s’est présenté devant la discothèque pour ouvrir le feu avec son fusil mitrailleur – d’abord en éliminant deux gardes à l’extérieur, avant de rentrer pour faire pleuvoir une pluie de balles meurtrières. L’utilisation de chargeurs doubles, de grenades aveuglantes, et le ciblage du haut des corps des victimes – pour augmenter le taux de létalité de l’attaque – indique qu’il s’agit d’un attentat conduit par un tireur aguerri.

L’attentat au Reina est en tout cas le signe qu’après une année 2016 émaillée par de nombreuses attaques – ainsi qu’une tentative ratée de putsch – la Turquie débute 2017 par une nouvelle vague de violence, et alors même que sur le terrain, les combats avec Daesh continue de faire rage.