Les décrets de Donald Trump séduisent les banquiers

En l’espace de deux semaines de présidence, Donald Trump a signé plus de décrets (executive orders) que Georges W. Bush en plus de deux mois. Le moins que l’on puisse dire, c’est que tous n’ont pas suscité l’unanimité auprès des Américains, loin s’en faut. Toutefois, les deux décrets passés vendredi dernier concernant les règles encadrant la finance ont été largement salués par le lobby bancaire.

Le fait est que, pour l’heure, nul ne peut reprocher au 45ème Président des Etats-Unis de ne pas tenir ses engagements. Alors même que la nomination du Secrétaire au Trésor rencontre des difficultés au Sénat – du fait d’une obstruction des Démocrates, à un niveau jamais vu auparavant – Donald Trump enchaîne les entretiens avec les patrons des grandes entreprises américaines. Comme il s’était engagé à le faire, M. Trump écoute en effet leurs conseils afin de stimuler l’économie et l’innovation, mais de façon peut-être plus surprenante, il est également friand de recommandations en matière d’éducation, et sur la place des femmes au sein des entreprises.

La fréquence avec laquelle Donald Trump rencontre certains de ces dirigeants commencent d’ailleurs à leur poser quelques problèmes au niveau politique, et Elon Musk, par exemple, a même dû envoyer un tweet pour rappeler qu’il ne cautionnait pas l’intégralité des réformes voulues par le Président. Outre le PDG de Tesla, M. Trump a également reçu les patrons de General Motors, IBM, Walmart, PepsiCO, sans oublier les dirigeants de grandes banques et fonds d’investissement, tels que JP Morgan Chase et le Blackstone Group.

A la suite de ces entretiens, il apparait que Donald Trump s’est rangé du côté de l’ex-numéro deux de Goldman Sachs, Gary Cohn, qui estimait récemment nécessaire de s’attaquer de front au système de taxation, à la réglementation, et à l’infrastructure. Concrètement, les décrets signés vendredi dernier par le Président imposent une nouvelle manière d’appliquer la réforme bancaire de 2010, avec bien moins de restrictions, notamment en ce qui concerne la surveillance du niveau de prise de risque des banques. Pour l’association bancaire ABA, le décret de M. Trump permettra de « libérer le pouvoir de l’industrie bancaire ». Inversement, en Europe, les banquiers avouent leur inquiétude face à une réglementation possiblement plus favorable à leurs concurrents Outre-Atlantique.