Shadow banking : vers une nouvelle crise financière majeure ?

Il y a 10 ans, la crise des subprimes touchait des milliers d’investisseurs aux Etats-Unis et dans le monde entier. En cause à cette époque : les prêts immobiliers accordés à des millions de foyers américains sans vérifications des possibilités de remboursement. Aujourd’hui, plus d’une décennie après l’une des plus grosses crises financières de ce siècle qui a entraîné la faillite du groupe Lehman Brothers, un nouveau risque pourrait bien se présenter.

Qu’est-ce que le shadow Banking ?

Le Shadow Banking, finance fantôme ou finance de l’ombre en français, désigne toutes les activités qui participent au financement de l’économie, mais qui se trouvent à l’extérieur du système bancaire. En plein développement, ce système de financement représente plus de 90 milliards de dollars, soit un peu plus de 80 milliards d’Euros. Ce shadow banking est composé de millions d’opérations annuelles de fonds spéculatifs réalisées en dehors du bilan des banques. Les principaux acteurs de la finance fantôme sont donc les plateformes de financements participatifs (crowdfunding), les monnaies virtuelles (bitcoins, etc.), les établissements de crédit non-bancaire (crédit à la consommation, micro-crédit, etc.), les trusts de gestion d’actifs, les banques d’affaires ainsi que les fonds de pension, mutuelles, les assurances-décès, les fonds de Bourse, etc. Une pratique qui jongle avec la légalité pour utiliser allègrement les centres offshores et les paradis fiscaux.

Shadow Banking : la menace fantôme

On attribue notamment le développement rapide de ce type de financement à toutes les contraintes réglementaires qui ont été imposées aux banques après la crise de 2007 et qui n’ont pas affecté la finance de l’ombre. Le Shadow Banking représente aujourd’hui 150 % du PIB mondial. Jusqu’à quand le système financier pourra-t-il supporter ce déséquilibre ? Car, il y a bel et bien déséquilibre vu que tous les acteurs du shadow banking n’ont aucune limite et ne sont pas concernés par les garanties de dépôts des épargnants qui touchent les banques. Le risque est surtout lié à l’implantation massive de ces finances fantômes dans les 4 grandes puissances économiques mondiales : l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Angleterre et la Chine. Nul doute que le développement du shadow banking augmente les risques de crise financière majeure dans les prochaines années. Une crise qui pourrait d’ailleurs être entraînée par la crise immobilière imminente en Chine.